Jean-Louis Gazzaniga
Jean-Louis Gazzaniga
Agrégé des Facultés de Droit. Directeur de l’IST de 2008 à 2014. Avocat honoraire. Professeur honoraire à l’Université de Toulouse. Vicaire général du diocèse de Nice.

De la réforme grégorienne à la Réforme

Description du cours
[15h]

Au XIe siècle, l’Église doit sortir du cadre féodal et s’émanciper de l’ingérence laïque, elle a besoin d’une réforme en profondeur, aussi bien institutionnelle que morale. Ce sera l’oeuvre de quelques évêques (saint Pierre Damien) et papes dont Grégoire VII dont la réforme portera le nom. Pendant les XIIe et XIIIe siècles, l’Église connaît une des périodes les plus prestigieuses de son histoire. La renaissance intellectuelle (philosophie, droit, théologie), la fondation de nouveaux ordres religieux (le siècle de saint François et de saint Dominique), les missions, la construction des cathédrales, etc., en sont les signes éclatants. On parle d’apogée et d’expansion. 

Dès la fin du XIIIe siècle et, tout au long des XIVe et VIe siècles, c’est, en revanche, le temps des crises. La montée de l’ordre laïc, la remise en cause de l’autorité ecclésiastique (notamment celle du pape), le déclin des grands ordres religieux en sont les principales manifestations. Situation aggravée par la guerre de Cent ans, la grande peste (1349). 

La papauté d’Avignon qui est cependant fort importante pour l’organisation interne de l’Église, passe pour signe de faiblesse (l’exil à Babylone). Au lendemain du retour de la papauté à Rome, l’élection de deux papes en 1378, provoque l’une des plus graves crises de l’Église. Le grand schisme d’Occident va diviser pendant 40 ans les hommes et troubler les consciences. Quelques années après le retour à l’unité de l’Église par l’élection de Martin V au concile de Constance, les désordres du concile de Bâle vont faire naître d’autres difficultés qui vont affaiblir l’Église au moment où elle va affronter la Réforme. 

Propositions de lecture

La bibliographie pour un tel sujet qui couvre une période de 5 siècles est immense. Pour une approche générale, on trouvera l’essentiel des connaissances dans les tomes 5, 6 et 7 de l’Histoire du Christianisme, Desclée – Fayard, avec une ample bibliographie à jour à la parution des volumes (1990, 1993, 1994). On peut se reporter à la Nouvelle Histoire de l’Eglise, tomes 2 et 3, Paris. Le Seuil (1968) et toujours à l’ancienne Histoire de l’Eglise, de Fliche et Martin, tomes 8, 9 (2 volumes) 10, 12, 13 et 14 ; le tome 11 qui devait être consacré à la papauté d’Avignon n’a jamais paru.